PUDU, l’un des grands noms de la robotique de service (même si son nom prête à sourire 😀), vient de dévoiler le PUDU TOMO S, sa première série de robots tondeuses. Présentée le 3 novembre à Amsterdam, elle arrive avec une promesse inédite : des lames qui s’affûtent toutes seules, directement sur la station de charge. Les ventes sont annoncées pour le début du printemps 2027, sans prix communiqué à ce stade.
Qui est PUDU, et pourquoi se lance-t-il dans la tonte ?
PUDU n’est pas un inconnu : l’entreprise est spécialisée dans les robots de service commerciaux, ceux que l’on croise dans la restauration, l’hôtellerie ou les grandes enseignes, et cite des collaborations avec Walmart, Toyota, Marriott ou Pizza Hut. Elle revendique plus de 130 000 robots expédiés dans plus de 85 pays et régions, et plus de 1 900 demandes de brevets. Avec le TOMO, elle s’attaque pour la première fois au jardin des particuliers, en affirmant vouloir apporter la robotique à la maison pour redonner du temps libre.
Le raisonnement se tient : un robot qui navigue seul dans un restaurant bondé a déjà appris à éviter les obstacles, à se repérer et à fonctionner de façon fiable toute la journée. Reste à savoir si ce savoir-faire se transpose à une pelouse humide, en pente, avec des chats et des arbres.
PUDU TOMO S : ce que promet la série
Trois versions sont prévues, pour des pelouses d’environ 1 500 à 5 000 m². PUDU ne détaille pas encore les différences entre elles. Voici l’essentiel de ce qui est annoncé.
- Affûtage automatique (SharpLoop) : les lames rotatives s’affûtent à la station de charge, sans outil, pour limiter l’entretien et les remplacements.
- Une coupe musclée : deux moteurs de 636 W font tourner les lames jusqu’à 6 000 tr/min, avec des lames aérodynamiques qui relèvent l’herbe couchée et un canal d’éjection arrière contre les bourrages.
- Des bordures soignées (Zero Edge Cutting) : plateau de coupe décalé, détection latérale, pare-chocs latéral et roues arrière capables de tourner à 180° sur place.
- Quatre roues motrices : quatre moteurs-moyeux indépendants, plateau flottant, franchissement d’obstacles jusqu’à 6 cm et pentes annoncées jusqu’à 45 (voir mes réserves plus bas).
- Navigation Triple-Sense : LiDAR, vision par IA et RTK réseau, sans station de référence locale, avec un positionnement annoncé au centimètre. La fiche produit mentionne un LiDAR à 360° complété par un LiDAR à semi-conducteurs.
- Cartographie en un geste : le jardin est cartographié automatiquement au premier passage, sans fil périmétrique.
- Batterie et recharge : jusqu’à 15 Ah, avec une charge à 315 W qui passe de 10 à 90 % en environ deux heures.
- Une application complète : planificateur de tonte qui s’appuie sur la météo et la position (connexion requise), reprise des zones oubliées (Smart Recut), réglages de zones, de hauteur, de modes et d’angles.


Des lames qui s’affûtent seules : gadget ou vraie idée ?
C’est l’argument phare du TOMO, et il vise un vrai point faible des robots tondeuses : des lames émoussées déchirent l’herbe au lieu de la couper, jaunissent la pelouse et obligent à les changer régulièrement. Une station qui entretient le tranchant sans intervention, c’est un geste en moins pour l’utilisateur. PUDU illustre l’idée par une comparaison de l’usure des lames après un mois et après trois ans, en précisant qu’elle a été réalisée en conditions de laboratoire.
Je reste prudent, et plusieurs questions se posent. Affûter une lame retire de la matière : quelle est la durée de vie réelle de la lame, et à quel moment faut-il tout de même la remplacer ? Que devient la poussière métallique, et la station reste-t-elle propre dans un jardin ? Le bruit et la consommation du cycle sont-ils acceptables ? Aucun test indépendant ne répond encore à ces questions, et je ne peux donc pas dire si c’est une vraie rupture ou une jolie démonstration.
Ce que l’on ne sait pas encore
- Le prix et le détail des trois versions : rien n’est communiqué, le constructeur renvoie à son site pour s’inscrire aux annonces.
- La disponibilité en Europe et en France : la vente est annoncée pour le début du printemps 2027, sans liste de pays précise.
- L’autonomie réelle : la batterie est donnée jusqu’à 15 Ah, mais aucune surface tondue par charge n’est annoncée.
- La pente maximale : le communiqué parle de 45, et l’unité compte. 45 degrés, ce serait une pente extrême que très peu de robots affrontent. 45 %, un chiffre courant pour ce type de machine, serait beaucoup plus plausible. À confirmer.
- Le RTK réseau : il suppose une connexion de données. Faut-il un abonnement, que se passe-t-il en zone mal couverte ? Le constructeur ne le dit pas.
Un marché déjà très disputé
PUDU arrive sur un segment où la navigation sans fil par LiDAR, vision et RTK est devenue la norme chez les marques établies, et où l’on trouve déjà des modèles à quatre roues motrices, comme le Luba Mini 2 AWD que j’ai comparé dans mon article sur le choix entre caméra et LiDAR. Pour exister, le TOMO devra donc faire ses preuves sur le prix, la fiabilité et surtout le service après-vente en Europe, un point sur lequel un nouveau venu est attendu au tournant.
L’affûtage automatique des lames est la vraie différence, et c’est ce que j’aimerais tester. Rendez-vous au printemps 2027 pour voir ce que donne ce robot tondeuse venu de la robotique de service. D’ici là, si vous avez déjà un robot, préparez-le pour l’hiver avec mon guide d’hivernage des robots tondeuses. Pour suivre les annonces, le site officiel PUDU HOME permet de s’inscrire.
