Bambu Lab R1 : le spécialiste des imprimantes 3D se lance dans la découpe laser
Bambu Lab, jusqu’ici connu pour ses imprimantes 3D grand public (la gamme X1, P1, A1…), change de catégorie. La marque vient d’annoncer le R1, son premier découpeur/graveur laser CO2 autonome, avec des précommandes ouvertes dès aujourd’hui et une livraison annoncée pour octobre 2026. Jusqu’à présent, Bambu Lab proposait uniquement des modules laser à greffer sur ses imprimantes existantes (sur le H2D notamment) : le R1 est une machine à part entière, pensée pour exister sans imprimante 3D à côté.
Bambu Lab R1 : la fiche technique
Le R1 embarque un laser CO2 de 55W, avec une zone de travail de 600 x 300 mm. Il peut découper jusqu’à 18 mm de contreplaqué en noyer noir ou 20 mm d’acrylique, à une vitesse annoncée jusqu’à 1000 mm/s, et il grave aussi bien le bois, le cuir, le papier, le tissu que le verre, la pierre ou certains métaux traités. Bambu Lab met en avant un système baptisé TriSense (caméras, lasers et encodeurs combinés) pour positionner et mettre au point le matériau automatiquement, un alignement automatique des miroirs qui ramène la calibration à environ une minute au lieu d’un réglage manuel fastidieux, et une compensation de vibrations directement héritée du savoir-faire de la marque sur ses imprimantes 3D, censée limiter les bords irréguliers sur les découpes rapides. Une option de convoyeur permet par ailleurs de traiter des matériaux en continu jusqu’à 3 mêmes de long, pour sortir du format plateau fixe. Côté sécurité, Bambu Lab annonce une classification laser de classe 1 selon la norme IEC 60825-1, ce qui correspond en théorie à un appareil sans danger en usage normal, capot fermé.
Prix et disponibilité
Le Bambu Lab R1 est annoncé à 2 499 $ aux États-Unis et 2 499 € dans l’Union européenne. Les précommandes ont démarré ce 22 septembre 2026, pour une livraison prévue en octobre. La machine s’intègre à l’écosystème logiciel déjà en place chez Bambu Lab (même compte, Bambu Suite, MakerWorld), ce qui devrait faciliter la prise en main pour quiconque possède déjà une imprimante 3D de la marque.
Un signal plus intéressant que la machine elle-même

Ce qui me frappe avec cette annonce, ce n’est pas tant la fiche technique du R1, plutôt solide sur le papier mais assez proche de ce que proposent déjà d’autres marques spécialisées, que le mouvement stratégique qu’elle représente. Bambu Lab s’est construit une réputation quasi hégémonique sur l’impression 3D grand public en quelques années, et voilà que la marque va chercher un public adjacent, celui des makers et des crafters qui découpent, gravent et personnalisent des objets plutôt que de les imprimer couche par couche. Ces deux mondes se sont longtemps développés en parallèle, avec des marques différentes, des communautés différentes, et des logiciels différents. Avec le R1, Bambu Lab pose clairement un pied dans le second, et je serais surpris que ça s’arrête là.
Si on pousse le raisonnement, la suite logique pour Bambu Lab serait une imprimante UV, cette fois pour imprimer directement sur des objets (mugs, coques, bois, métal) plutôt que de les découper ou de les graver. C’est exactement le type de machine que propose déjà xTool, qui a justement profité de l’IFA 2026 à Berlin pour présenter sa vision (« The Human Age of Making ») et une partie de sa gamme, laser comme UV. xTool a d’ailleurs une longueur d’avance évidente sur ce terrain-là : la marque propose depuis plusieurs années aussi bien des découpeurs laser que des imprimantes UV comme la F2 Ultra, en plus de ses propres modules. Ça pose une question amusante en miroir : si Bambu Lab se met à la découpe laser, est-ce que xTool va un jour se lancer dans l’impression 3D pour couvrir l’intégralité de la chaîne, comme Bambu Lab est en train de le faire dans l’autre sens ? Rien ne l’indique aujourd’hui, mais la logique économique (vendre plusieurs machines complémentaires au même client plutôt qu’une seule) pousse clairement dans cette direction pour les deux marques.
Pour les makers qui suivent déjà nos guides bricolage sur ce site, ce genre de convergence entre impression 3D, découpe laser et impression UV va probablement devenir la norme plutôt que l’exception dans les mois qui viennent. De quoi équiper un atelier complet chez le même fabricant, avec les avantages (écosystème logiciel unique, pièces et consommables compatibles) et les inconvénients (moins de raisons d’aller comparer ailleurs) que ça implique.