Depuis le 30 septembre, c’est officiel : Google Assistant part à la retraite sur Android. Aux États-Unis comme en Europe, l’ancien assistant a disparu des téléphones et des comptes testés, et l’option pour revenir en arrière n’existe plus dans les réglages. Mais avant de parler d’une extinction totale, il faut nuancer : cette retraite ne concerne pour l’instant que le mobile et ce qui y est directement rattaché. Sur une partie du parc d’enceintes connectées, Google Assistant continue de tourner, parfois pour un bon moment encore.

Sur Android, c’est bel et bien terminé
Le raccourci « Passer à Google Assistant » a disparu des versions 17.60 stable et 17.62 bêta de l’application Google. Ce n’est plus un choix réversible dans les réglages, c’est un aiguillage définitif vers Gemini. Le calendrier avait été annoncé début août pour une bascule démarrée le 4 septembre, avec un déploiement étalé sur plusieurs semaines selon les appareils, les comptes et les régions. Maintenant que la fenêtre se referme, l’appui prolongé sur le bouton d’alimentation ou le balayage depuis un coin de l’écran lance Gemini, point final. La mesure ne touche pas que le téléphone : elle embarque aussi les tablettes Android, les montres sous Wear OS, les écouteurs et casques compatibles, ainsi qu’Android Auto quand il est projeté depuis un smartphone.
Tous les smartphones ne basculent pas au même rythme pour autant. Ceux qui ne répondent pas aux prérequis techniques minimaux de Gemini (mémoire insuffisante, version d’Android trop ancienne) ou qui se trouvent dans un pays où Gemini n’est pas encore disponible conservent pour l’instant Google Assistant, sans date de bascule communiquée.
Les enceintes et écrans connectés épargnés, pour l’instant
Toutes les exceptions tournent autour du même principe : quand l’appareil ne dépend pas directement d’un téléphone migré, Google Assistant continue de fonctionner. C’est le cas de Google TV, et surtout des enceintes et écrans Google Nest et Google Home, ainsi que d’autres appareils compatibles de cette catégorie. Gemini for Home existe bien en accès anticipé depuis avril, mais le remplacement est très loin d’être généralisé sur ce parc. Autrement dit, si vous avez une enceinte Nest ou un écran Google Home posé dans votre salon, rien ne change pour l’instant, alors que votre téléphone, lui, a peut-être déjà basculé.
Même logique côté voitures équipées de « Google intégré » (Android directement embarqué dans le véhicule, sans passer par un smartphone projeté) : Google a déjà commencé à pousser Gemini par mises à jour OTA sur plusieurs modèles récents, notamment chez Renault avec son système OpenR Link. La différence avec le mobile, c’est que ce déploiement reste pour l’instant en mode opt-in. Le conducteur choisit lui-même d’activer Gemini ou de garder Google Assistant, rien n’est imposé comme sur Android.

Mon avis : bonne nouvelle pour le téléphone, mauvaise nouvelle pour la maison connectée
Sur le papier, je trouve ça plutôt positif pour l’usage mobile. Gemini comprend des demandes formulées de façon plus naturelle, garde le contexte d’une conversation, et peut interagir avec plusieurs applications à la fois là où Google Assistant restait cantonné à des commandes courtes et prédéfinies. Le problème, c’est que cette bascule crée un vrai décalage pour les possesseurs d’enceintes connectées de l’ancienne génération. Si vous avez une vieille enceinte Google ou un écran Nest, vous restez pour l’instant avec un assistant figé dans le temps, pendant que votre téléphone profite déjà d’une IA générative à jour. Et ça vaut encore plus pour les enceintes dites « compatibles Google », comme certains modèles Sonos, qui héritent historiquement des mises à jour en dernier.
L’argument qui me venait spontanément, c’est que l’essentiel du traitement de Google Assistant comme de Gemini se fait dans le cloud, donc qu’une enceinte n’aurait pas vraiment d’excuse technique à faire valoir par rapport à un smartphone. En creusant un peu, c’est plus compliqué que ça. Une bonne partie des ordres domotiques simples, comme allumer une ampoule Matter ou Thread, s’exécute aujourd’hui en local, directement sur les Nest Hub et Nest Mini, via le Local Home SDK de Google, justement pour éviter la latence. Remplacer ce traitement local par un grand modèle de langage sans introduire de délai à l’oral ni de risque d’erreur sur une commande physique est un vrai défi d’architecture sans compter les coûts pour faire analyser des millions de commandes par un LLM. Bref, cette bascule à deux vitesses n’est pas qu’une question de priorité produit, il y a de vraies contraintes techniques derrière. Ce qui reste vrai, en revanche, c’est que ce décalage laisse la maison connectée en retrait par rapport au mobile, et pour l’évolution du secteur, c’est dommage.
Et les enceintes compatibles type Sonos, dans tout ça ?
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Google n’a pas laissé les enceintes tierces de côté. La documentation d’assistance de Gemini for Home mentionne explicitement une catégorie « enceintes tierces », et la marque a confirmé qu’elles recevront l’essentiel des fonctions de Gemini for Home, contrôle domotique et requêtes conversationnelles compris. En revanche, comme les tout premiers Google Home sortis en 2016, elles resteront privées des fonctionnalités les plus avancées, à commencer par Gemini Live. En clair, si votre assistant vocal vit dans votre smartphone, le changement est déjà derrière vous. S’il vit dans une enceinte Nest ou compatible Google, l’essentiel de Gemini devrait arriver chez vous aussi, mais sans les options les plus poussées, et sans date précise pour l’instant.