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Hackintosh ARM : Snapintosh fait tourner macOS 27 sur un PC Snapdragon, Apple n’avait pas tout verrouillé

Le Hackintosh ARM n’était plus qu’un souvenir depuis qu’Apple a abandonné les processeurs Intel en 2020. Pourtant, un développeur connu sous le pseudonyme d’Acelogic vient de faire démarrer macOS 27 sur un PC portable Windows équipé d’une puce Qualcomm Snapdragon X2 Elite, grâce à un projet open source baptisé Snapintosh. Une prouesse de bidouilleur, encore très brute, mais qui prouve qu’Apple n’avait pas tout verrouillé.

Hackintosh ARM : comment Snapintosh a ressuscité une légende

Pendant des années, le Hackintosh a consisté à installer macOS sur un PC standard à base de processeur Intel, à moindre coût. Quand Apple est passée à ses propres puces ARM, la communauté a considéré que l’aventure était terminée : plus de compatibilité x86, des composants maison, un démarrage sécurisé sur mesure.

Le 22 octobre 2026, Acelogic (Miguel C. de son vrai nom) a publié sur X une démonstration de macOS 27 qui tourne sur un Asus Zenbook A16, un ultraportable Windows animé par un Snapdragon X2 Elite Extreme. Il a aussitôt mis en ligne le code de son outil, Snapintosh, sur GitHub. Son message est clair : on en est aux balbutiements, mais le Hackintosh est de retour.

Snapintosh, le projet de Hackintosh ARM qui fait tourner macOS 27 sur un PC Snapdragon X2 Elite
Crédit visuel : projet Snapintosh (GitHub)

Comment fonctionne Snapintosh

Contrairement aux Hackintosh Intel, on n’installe pas ici macOS comme on le ferait sur un PC classique. Snapintosh repose sur un hyperviseur qui fait croire au noyau d’Apple qu’il tourne sur une vraie puce Apple. Le projet fournit au système les « contrats de plateforme » qu’il attend d’un Mac, tout en lui laissant son noyau d’origine, non modifié par défaut.

La chaîne de démarrage part de l’UEFI de l’Asus, passe par q1n1, un outil dérivé de m1n1 du projet Asahi Linux, puis par le moniteur Snapintosh, avant de lancer le noyau de macOS et l’interface. Le démarrage nécessite pour l’instant un Mac relié en USB-C, qui sert à lancer le système et à récupérer les journaux.

Le plus impressionnant concerne le graphisme. L’interface de macOS 27 ne passe pas par un affichage logiciel qui fait saccader chaque fenêtre : elle profite de l’accélération matérielle de la puce graphique Adreno de Qualcomm. Pour cela, le développeur a écrit une pile complète de pilotes, dont un module Metal pour Adreno et un compilateur de shaders qui convertit le langage d’Apple vers celui de Mesa.

Voici la publication d’Acelogic, avec les images et la vidéo de la démonstration :

Ce qui marche, et ce qui ne marche pas encore

D’après la documentation du projet, macOS démarre jusqu’au bureau avec l’accélération graphique, et l’affichage est jugé correct. Le clavier et le pavé tactile fonctionnent, et le système s’installe et démarre depuis le SSD NVMe interne. Le Wi-Fi fonctionne de manière partielle, via un montage qui passe par la machine hôte, mais on ne peut pas encore rejoindre un réseau depuis le menu de macOS.

À l’inverse, le son, les caméras, le Bluetooth, la mise en veille et les écrans externes ne sont pas pris en charge. Le projet précise aussi que les plantages, les blocages et les redémarrages à froid font partie du quotidien, et que l’interaction n’est pas encore fluide : l’objectif visé est d’abord 60 Hz.

Un projet réservé à une seule machine

Il ne faut pas s’emballer : Snapintosh ne vise qu’un seul modèle, l’Asus Zenbook A16 avec un Snapdragon X2 Elite, et rien d’autre n’est pris en charge. Étendre le projet à d’autres PC Windows sur ARM sera nettement plus difficile, car les composants et leurs pilotes varient d’une machine à l’autre, même au sein de la famille Snapdragon.

Les auteurs mettent d’ailleurs en garde : l’outil écrit directement sur le SSD interne et contrôle des paramètres matériels sensibles comme les fréquences et les tensions. Une erreur peut corrompre des données, y compris une installation Windows existante. Sauvegarde complète obligatoire avant tout essai, et surtout pas sur une machine de travail.

Pourquoi le Hackintosh ARM compte pour les makers

Pour la communauté des makers et des bidouilleurs, l’intérêt est surtout symbolique, et il est réel. On pensait qu’Apple avait verrouillé son système en changeant d’architecture de processeur. Et pourtant, des développeurs ont encore réussi là où personne ne les attendait. Le projet s’appuie sur le travail d’Asahi Linux, qui avait ouvert la voie en faisant tourner Linux sur les Mac Apple Silicon : ici, c’est le chemin inverse, macOS sur du matériel qui n’est pas d’Apple. Même esprit de détournement que le projet Sprout, qui redonne vie aux iPod.

Je trouve cela très sain. Pouvoir installer le système que l’on souhaite sur l’ordinateur que l’on a payé, c’est une forme de liberté qu’il faut défendre, au même titre que le contrôle local de nos objets connectés.

Et la licence de macOS dans tout ça ?

Soyons lucides : sur le plan juridique, la licence d’utilisation de macOS interdit de l’installer sur un matériel autre que celui prévu par Apple. Le projet Snapintosh le reconnaît lui-même dans ses avertissements et laisse à chaque utilisateur la responsabilité de respecter les licences qui s’appliquent à lui. L’argument de la sécurité entre aussi en ligne de compte, puisque Apple conçoit son système pour fonctionner avec ses propres puces et ses protections matérielles.

Il s’agit donc d’une expérience de laboratoire, pas d’une solution pour remplacer un Mac. Pour un usage quotidien, la seule option raisonnable reste d’acheter un Mac.

Quel avenir ?

Snapintosh est une démonstration technique, pas un produit. Mais elle montre qu’un système réputé fermé peut encore être ouvert par des passionnés, et qu’un PC Snapdragon peut accueillir bien plus que Windows. Reste à voir si le projet sera étendu à d’autres machines, ou si le Hackintosh ARM restera un exploit isolé.