MOVA à l’IFA 2026 : la marque mise tout sur les bras et plus sur les jambes
L’an dernier, MOVA avait marqué l’IFA avec sa nacelle pour permettre à ses robots aspirateurs monter les escaliers. Cette année, changement de registre. Exit les jambes mécaniques, place à un bras articulé avec un main robotisée sur le dos des robots tondeuses et nettoyeurs de piscines. Vu de loin, l’ironie est facile : après avoir tenté de faire marcher ses tondeuses, MOVA se contente de leur apprendre à attraper des objets. Vu de plus près, pourtant, le choix est plutôt cohérent — un bras qui ramasse une branche ou dégage un jouet rend service tous les jours, quand des jambes qui montent un escalier restaient une démonstration technique amusante mais rarement utile au quotidien.

Sur son stand berlinois, la marque a profité du salon pour dérouler une bonne vingtaine de nouveautés et pousser en avant ce qu’elle appelle son écosystème « AI MOVAment » : une manière de dire que l’intelligence artificielle embarquée doit désormais irriguer l’ensemble de sa gamme : tonte, mais aussi capteurs, navigation et, cette année, préhension. Deux produits concentrent l’essentiel de l’attention : la tondeuse robot AstraX et une main robotique baptisée Knot 80, pensée comme un accessoire capable d’équiper plusieurs appareils du catalogue.
AstraX : un bras plutôt qu’une paire de jambes

L’AstraX reste avant tout une tondeuse robot, avec les fondamentaux qu’on attend désormais à ce niveau de gamme : cartographie du jardin, évitement d’obstacles et coupe de précision autour des massifs et allées. La vraie nouveauté se loge sur le dessus de l’appareil, où un bras articulé peut se déployer pour saisir un objet resté au sol, un jouet, une branche tombée, un tuyau d’arrosage mal rangé, avant de reprendre sa tonte. L’idée n’est pas de remplacer un jardinier, mais d’éviter que la tondeuse ne s’arrête bêtement, ou pire, n’abîme ce qui traîne sur son passage.
MOVA insiste sur le fait que ce bras n’est pas un gadget isolé : il s’appuie sur la même couche de vision et de reconnaissance d’objets que le reste de la gamme, ce qui doit lui permettre de distinguer un obstacle à contourner d’un objet à déplacer.
Knot 80, la main qui doit faire le lien

Knot 80 est présentée comme la pièce qui rend l’ensemble cohérent : une main robotique multi-doigts, conçue pour se greffer sur différents appareils MOVA plutôt que pour rester cantonnée à la tondeuse. La marque met en avant sa capacité à ajuster la force de préhension selon la nature de l’objet saisi, grâce à des retours tactiles répartis sur les doigts — de quoi tenir un objet fragile sans le broyer, ou au contraire serrer plus fort sur une prise glissante.
C’est ce composant, plus que l’AstraX elle-même, qui dessine la direction prise par MOVA : construire une base robotique commune, réutilisable d’un produit à l’autre, plutôt que de multiplier les fonctions gadget sur un seul appareil.
Toucher et sonar : des capteurs pensés pour durer
Deux autres briques technologiques accompagnent ce virage vers la manipulation. TactiPercept est le nom donné par MOVA à sa couche de perception tactile, censée affiner la façon dont un appareil « sent » ce qu’il touche. C’est utile pour Knot 80, mais aussi pour affiner la détection d’obstacles au ras du sol. AquaSonar, de son côté, mise sur un système de détection par ultrasons pour repérer les zones humides ou les petits plans d’eau du jardin, un point sensible pour n’importe quel robot évoluant en extérieur.
Côté coupe : UltraTrim passe en version 4.0

La technologie de coupe de précision de la marque, UltraTrim, franchit une étape avec une version 4.0 qui succède à la 3.0 déployée l’an dernier. L’objectif affiché reste le même d’une génération à l’autre : réduire la marge laissée le long des bordures, des murets et des pieds de massifs, là où les tondeuses robots ont longtemps eu tendance à laisser une bande d’herbe non coupée.
Le reste de la gamme : quelques annonces, pas de révolution mais des robots pandas !

MOVA a également présenté plusieurs produits satellites : une station de charge et d’entretien T1, un système d’éclairage connecté LumeGret pour le jardin, ainsi qu’une déclinaison NexLawn autour de l’entretien des pelouses. Rien d’aussi marquant que le bras robotique, mais la marque cherche visiblement à élargir son terrain de jeu au-delà de la seule tonte.

Sur le segment des aspirateurs robots en revanche, difficile de parler de rupture cette année : les annonces restent dans la continuité de ce que MOVA propose déjà, sans virage comparable à celui opéré sur les tondeuses. Les capteurs tactiles et la détection fine des obstacles profitent visiblement des mêmes briques technologiques que celles développées pour Knot 80, mais aucun nouveau modèle ne vient bousculer la gamme actuelle.
Notre avis, pour l’instant
Difficile de juger sur pièces avant d’avoir testé l’AstraX et Knot 80 dans un vrai jardin. Sur le papier, le pari a du sens : un bras qui ramasse un objet oublié est plus utile au quotidien qu’une paire de jambes qui grimpe un escalier une fois de temps en temps. Reste à voir si la précision de préhension tient ses promesses face à la diversité d’un jardin réel : branchages, jouets, câbles, graviers… et si MOVA parvient à généraliser Knot 80 sur d’autres appareils sans en faire un simple argument marketing. Rendez-vous aux premiers tests pour trancher.