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PAVS 2026 : les nouveautés audio et vidéo qui veulent transformer le salon en salle de spectacle

Le PAVS 2026, le Paris Audio Video Show, s’est tenu les 24 et 25 octobre au Palais des Congrès de Paris avec une promesse simple : montrer ce que le salon pourrait devenir dans les prochaines années. Entre vidéoprojecteurs laser capables de remplacer un téléviseur, barres de son qui veulent recréer une salle de cinéma et amplificateurs qui se pilotent comme des objets connectés, le PAVS confirme une tendance de fond. L’audio-vidéo domestique ne veut plus seulement être performant ; il veut être facile à installer, connecté et compatible avec les usages ordinaires d’un foyer.

Le PAVS 2026 ne s’adresse plus seulement aux audiophiles

Le salon reste un rendez-vous de passionnés de hi-fi et de home cinéma, mais son discours s’est élargi. Les fabricants ne parlent plus uniquement de puissance, de distorsion ou de convertisseurs. Ils parlent de streaming, de multiroom, de simplicité d’installation, de formats HDR et de produits capables de s’intégrer dans un salon sans réclamer une pièce dédiée.

Une enceinte active, un vidéoprojecteur ou une barre de son sont désormais des équipements de la maison au même titre qu’un robot aspirateur ou une batterie domestique. Ils ont un impact sur l’aménagement, la consommation, les usages et parfois même sur l’écosystème connecté du logement.

Le PAVS 2026 a surtout montré que trois familles de produits avancent en parallèle : la projection laser, l’audio connecté et les systèmes home cinéma modulaires. Certaines annonces avaient été dévoilées avant le salon, notamment à l’IFA ou lors de lancements de marques. Le PAVS leur a servi de terrain de démonstration et de comparaison, avec une question très concrète : est-ce que ces produits peuvent vraiment remplacer les équipements traditionnels dans un salon normal ?

XGIMI Horizon 30 : le vidéoprojecteur veut sortir de la pièce sombre

Le produit le plus évident à suivre est la gamme XGIMI Horizon 30. Elle se décline en trois modèles : Horizon 30 Pro, Horizon 30 Max et Horizon 30 Ultra Max. La marque annonce une source RGB triple laser, une définition 4K à 120 Hz et une luminosité allant de 4 800 à 6 000 lumens ISO selon la version.

Vidéoprojecteur XGIMI Horizon 30, l’une des nouveautés du PAVS 2026
Crédit photo : XGIMI

Les prix français sont élevés, mais clairement affichés : 2 499 euros pour le Pro, 2 799 euros pour le Max et 3 299 euros pour l’Ultra Max. Les précommandes ouvertes jusqu’au 31 octobre bénéficient de tarifs inférieurs, à partir de 1 999 euros. La commercialisation doit commencer le 1er novembre. Chaque précommande inclut un support au choix et deux paires de lunettes 3D, selon les conditions de XGIMI.

Sur le papier, la promesse est celle d’un projecteur utilisable en dehors d’une séance de cinéma. Le triple laser doit maintenir une image suffisamment lumineuse pour le sport ou la télévision en journée, tandis que l’iris dynamique est censé améliorer le contraste dans une pièce sombre. Les trois modèles proposent aussi Dolby Vision, HDR10+ et IMAX Enhanced, toujours selon les données du fabricant.

La partie la plus intéressante concerne l’installation. XGIMI ajoute un zoom optique, un lens shift et une mémoire capable d’enregistrer plusieurs configurations. Le projecteur peut donc passer d’un format classique à une image ultra-large sans tout recalibrer manuellement. Le Google TV intégré et les haut-parleurs Harman Kardon de 2 × 12 W évitent également de transformer l’installation en chantier.

Il faudra cependant vérifier ces promesses en conditions réelles. Une luminosité annoncée en lumens ISO ne garantit pas une image convaincante sur n’importe quel mur. Le bruit du ventilateur, la qualité de l’upscaling, le niveau des noirs, la latence et la gestion des applications seront plus importants que les chiffres de la fiche technique. Le vrai test sera de savoir si l’Horizon 30 peut remplacer un téléviseur au quotidien sans fatiguer les yeux ni imposer une installation contraignante.

Hisense : le laser TV devient une vraie alternative au grand écran

Hisense présentait également deux projecteurs laser qui illustrent deux approches différentes. Le PX4 Pro est un modèle à ultra-courte focale capable de projeter jusqu’à 200 pouces. Il mise sur une source RGB triple laser, une luminosité annoncée de 4 375 lumens ISO et un système audio 4.0.2 conçu avec Devialet.

Crédit photo : Hisense

Le C3 Ultra vise davantage la polyvalence. Sa technologie TriChroma, sa définition 4K UHD, ses 5 000 lumens ISO, son zoom optique et son système Lens Shift doivent faciliter l’installation dans des pièces différentes. C’est une distinction intéressante : le PX4 Pro ressemble à une solution de salon qui remplace un téléviseur géant, tandis que le C3 Ultra s’adresse à ceux qui veulent conserver une plus grande liberté de placement.

Le problème reste le même pour tous les projecteurs : la luminosité ne fait pas tout. Un mur clair, une bonne toile et une pièce maîtrisée restent nécessaires pour obtenir une image réellement agréable. Les modèles laser réduisent les contraintes d’entretien et démarrent plus vite que les anciens projecteurs à lampe, mais ils ne suppriment pas la géométrie de la pièce.

Le PAVS permet néanmoins de constater que la projection n’est plus cantonnée aux salles dédiées. Les constructeurs travaillent désormais l’audio intégré, les interfaces de streaming, les réglages automatiques et la compatibilité avec des usages variés. Le vidéoprojecteur ne se vend plus seulement comme un appareil de cinéma ; il se vend comme un écran principal de la maison.

TCL Q95K et Sony True RGB : l’image et le son avancent ensemble

TCL a profité du salon pour mettre en avant son téléviseur X11L en SQD-Mini LED, mais aussi sa barre de son Q95K. Cette dernière adopte une architecture 11.1.4 compatible Dolby Atmos et DTS. Développée avec l’expertise acoustique de Bang & Olufsen, elle revendique 1 420 W et une spatialisation à 360 degrés.

Crédit photo : TCL

Les chiffres sont impressionnants, mais ils ne suffisent pas à juger une barre de son. Le placement des haut-parleurs, la calibration automatique, le rendu des voix et la cohérence avec les enceintes arrière feront la différence. Une barre très puissante peut rester décevante si elle ne sait pas s’adapter à la pièce ou si les dialogues se perdent dans les effets.

L’intérêt de la Q95K est ailleurs : elle participe à une tendance où le téléviseur, la barre de son et les enceintes deviennent un ensemble logiciel. Les fabricants cherchent à synchroniser les appareils, à simplifier le calibrage et à éviter l’empilement de télécommandes. On se rapproche d’un écosystème connecté, avec les mêmes avantages et les mêmes risques que dans la maison connectée, comme nous l’avons vu avec le contrôle Matter local de Philips Hue dans Google Home : simplicité quand tout fonctionne, dépendance quand les appareils ne communiquent plus.

Sony défend une autre piste avec True RGB, un rétroéclairage Mini LED qui contrôle séparément les composantes rouge, verte et bleue. La marque veut obtenir des couleurs plus précises et plus riches. Au PAVS, cette technologie était montrée avec l’écosystème BRAVIA Theatre Trio, dans une logique où l’écran et le système audio forment une installation unique.

La promesse est séduisante, mais il faudra attendre des mesures indépendantes. Les démonstrations de salon sont faites pour impressionner et les réglages sont rarement comparables à ceux d’un salon familial. Pour le lecteur, la vraie question sera moins « combien de zones de rétroéclairage ? » que « est-ce que l’image reste convaincante en plein jour, sans réglages complexes et sans abonnement supplémentaire ? »

Yamaha, Onkyo et Argon Audio : l’audio connecté devient plus lisible

Yamaha présentait une gamme particulièrement intéressante pour le grand public. Les amplificateurs audio-vidéo RX300A et RX500A complètent les installations home cinéma, tandis que le MusicCast NX-70A, les appareils WXA-70A et WXC-70A et la barre True X Surround 90A prolongent l’écosystème de la marque.

Crédit photo : Yamaha

L’enjeu n’est pas seulement de proposer davantage de puissance. Il s’agit de relier plusieurs pièces, de diffuser de la musique depuis les services courants et de piloter un ensemble sans devoir comprendre toute la chaîne hi-fi. C’est exactement le type de simplification qui peut faire passer l’audio réseau du marché des passionnés à celui des foyers équipés progressivement.

Onkyo montrait de son côté l’amplificateur réseau Muse Y-50G et les enceintes actives GX-30ARC. Cette approche est intéressante parce qu’elle réduit le nombre d’appareils nécessaires : l’amplification et parfois une partie de la connectivité sont directement intégrées dans les enceintes ou dans un boîtier compact.

Argon Audio suivait la même logique avec les enceintes actives FORTE A55 WIFI, compatibles AirPlay 2, Google Cast et Spotify Connect. Le caisson BERLIN SUB 10 et la platine AURORA complètent une gamme qui tente de rendre la hi-fi moins intimidante. Une paire d’enceintes actives peut aujourd’hui remplacer un amplificateur séparé, un lecteur réseau et une partie du câblage.

Cela ne rend pas tous les systèmes accessibles. Les prix de l’audio haut de gamme restent élevés, et la multiplication des applications peut rapidement devenir pénible. Mais le mouvement est clair : les marques cherchent à proposer des appareils techniquement ambitieux qui ne demandent pas forcément une formation d’ingénieur pour être utilisés.

Casques, enceintes actives et nouveautés plus spécialisées

Le PAVS ne se limitait pas au salon. Audio-Technica présentait l’ATH-AL5NC, son premier casque ouvert sans fil, avec réduction de bruit et jusqu’à 75 heures d’autonomie annoncées. Ce type de produit est intéressant pour un usage domestique : il permet d’écouter avec une scène plus ouverte sans imposer le volume d’une paire d’enceintes à toute la famille.

Crédit photo : Sennheiser

Sennheiser mettait en avant le Momentum 5 Wireless, le Momentum True Wireless 5 et le HDB 630 Lunar Silver. Les promesses sont classiques mais utiles : réduction de bruit adaptative, Bluetooth récent, codecs haute résolution et autonomie importante. Ici, le point à surveiller sera moins la fiche technique que le confort, la qualité du mode filaire et la stabilité des applications.

Le salon accueillait aussi les enceintes actives Cambridge Audio L/R, les produits Focal, DALI, Technics et Genelec. Beaucoup de ces références s’adressent à des budgets élevés. Elles restent néanmoins révélatrices d’une évolution de fond : les enceintes connectées ne sont plus seulement de petits assistants vocaux. Elles deviennent des systèmes complets, parfois capables de remplacer une chaîne hi-fi traditionnelle.

Ce que le PAVS 2026 dit vraiment de la maison technologique

Le PAVS ne montre pas une révolution unique. Il montre plutôt une convergence. Les fabricants de vidéoprojecteurs ajoutent du streaming et de meilleurs haut-parleurs. Les marques audio ajoutent du Wi-Fi, du multiroom et des applications. Les téléviseurs deviennent des hubs capables de coordonner des enceintes et des accessoires.

Le salon confirme aussi que l’intégration est devenue un argument aussi important que la performance. Un produit plus puissant mais compliqué à installer peut perdre face à un appareil moins ambitieux, mais correctement calibré et utilisable en quelques minutes. C’est le même basculement que dans la domotique : l’utilisateur ne veut pas acheter un protocole, il veut que sa maison fonctionne.

Il faut toutefois garder une certaine distance. Les chiffres de luminosité, de puissance ou de contraste viennent souvent des fabricants. Les démonstrations sont préparées. Les prix et les dates de disponibilité peuvent varier selon les pays. Et plus les appareils dépendent d’une application ou d’un compte en ligne, plus la question de leur durée de vie se pose.

Au final, le PAVS 2026 rend l’audio-vidéo domestique beaucoup plus intéressant pour ECRTech. Le sujet n’est plus réservé à la hi-fi de salon ou aux salles de cinéma privées. Il touche directement l’usage quotidien : regarder un film, écouter de la musique, remplacer un téléviseur, sonoriser plusieurs pièces ou installer un grand écran sans travaux.

Le futur du salon ne sera peut-être pas un appareil unique. Il ressemblera plutôt à un ensemble de produits spécialisés, capables de fonctionner ensemble sans devenir un casse-tête. La bonne nouvelle, c’est que cette évolution commence à produire des solutions réellement accessibles. Le problème, c’est qu’il faudra vérifier la simplicité promise et la pérennité logicielle avant de signer un chèque.

Ce qu’il faut retenir