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UGREEN à Berlin : un hub d’IA locale, de nouveaux NAS et des caméras pour la maison connectée

Publié le 7 septembre 2026 · 5 min de lecture

Il y a encore trois ou quatre ans, UGREEN restait cantonné aux chargeurs et aux câbles vendus en marge des plus grandes marques. La donne a changé avec l’arrivée réussie de ses NAS NASync, qui ont rapidement fait de la marque un concurrent sérieux de Synology et QNAP. À l’IFA 2026 de Berlin, UGREEN a confirmé cette montée en gamme avec une annonce bien plus large qu’un simple boîtier de stockage : HomeAgent, un écosystème complet d’intelligence artificielle locale censé devenir le cerveau de la maison connectée, accompagné de nouveaux NAS professionnels, de caméras de surveillance et de plusieurs accessoires.

HomeAgent : un hub d’IA qui tourne entièrement en local

Le cœur de l’annonce, c’est HomeAgent, une gamme de trois boîtiers qui combinent stockage, calcul et pilotage domotique sans jamais faire transiter les données par un serveur distant. Le modèle d’entrée, le HA100, embarque un processeur RK3588 associé à 16 Go de RAM et revendique 26 TOPS de puissance de calcul IA, avec trois baies SATA (deux pour du NAS classique, une dédiée à la vidéosurveillance) et un emplacement M.2 NVMe. Le HA100 Pro double la mise avec 32 Go de RAM, 205 TOPS annoncés, 128 Go de stockage système et une connectique Ethernet 10 Gb/s. Tout en haut de la gamme, le MasterAgent MA100 embarque une puce NVIDIA Jetson Thor et grimpe à 2 700 TOPS avec 128 Go de RAM, clairement pensé pour des usages professionnels plutôt que pour un salon.

UGREEN a choisi le financement participatif pour lancer la gamme : une campagne Kickstarter doit démarrer le 27 octobre, avec des tarifs de lancement nettement inférieurs aux prix catalogue annoncés, qui tournent autour de 1 800 dollars pour le HA100 et grimpent jusqu’à 20 000 dollars pour le MasterAgent. Des chiffres à prendre avec précaution tant qu’ils ne sont pas confirmés au lancement effectif de la campagne.

Sur le plan logiciel, les boîtiers tournent sous UGOS Pro, un système maison basé sur Linux, et embarquent un assistant vocal baptisé Uliya capable de répondre à des questions posées en langage naturel sans passer par le cloud, du type « quand le livreur est-il passé ce matin ? ». UGREEN met aussi en avant une fonction de résumé automatique qui compile les moments marquants des caméras de la maison en une sorte de journal vidéo, ainsi qu’une recherche dans les enregistrements par description plutôt que par date ou par heure.

Des caméras SynCare et un hub Matter pour compléter l’écosystème

Pour alimenter cette IA en images, UGREEN lance une nouvelle gamme de caméras sous la marque SynCare. L’ID500 Pro vise l’intérieur avec un capteur 4K de 8 Mpx, une orientation motorisée, une vision nocturne en couleur et un obturateur physique pour couper l’objectif à la demande. L’OD600 Pro cible l’extérieur avec un triple module optique (un capteur principal 4K et deux modules orientables de 5 Mpx), une certification IP66 et une alimentation par PoE. Enfin, l’OD800 Pro se veut la plus autonome du trio, avec une batterie amovible de 10 000 mAh, un petit panneau solaire de 6 W et une double détection PIR et radar.

Les boîtiers HomeAgent font également office de hub Matter, avec une prise en charge de l’éclairage, des ouvrants et des prises connectées dès le lancement, le support de Thread et des aspirateurs robots étant annoncé pour plus tard. Point commun à tout l’écosystème : les scénarios domotiques continuent de fonctionner même sans connexion Internet, puisque tout le traitement reste local.

UGREEN en a profité pour dégainer plusieurs accessoires plus discrets : un cadre photo à encre numérique Gallery de 13,3 pouces (dalle E Ink Spectra 6, jusqu’à six mois d’autonomie), une enceinte connectée à quatre microphones pour porter l’assistant Uliya dans toute la maison, et un chargeur MagFlow Pro doté d’un système de refroidissement liquide maison baptisé CryoPulse, compatible Qi2 25 W.

NASync DXP6800 et DXP8800 Ultra : UGREEN vise plus haut que le NAS familial

Côté stockage pur, UGREEN dévoile aussi deux nouveaux NAS haut de gamme, le DXP6800 Ultra (6 baies, jusqu’à 208 To) et le DXP8800 Ultra (8 baies, jusqu’à 272 To), tous deux équipés de processeurs Intel Core de série U, d’une double connectique 10GbE, de deux ports Thunderbolt 4 et d’une sortie vidéo capable de pousser de la 8K. Les deux machines tournent sous le même UGOS Pro et prennent en charge les machines virtuelles, les conteneurs Docker et l’ajout d’un GPU externe via un boîtier Thunderbolt dédié.

Notre avis : un nouveau venu qui vise haut et large

Cette tendance à faire tourner l’intelligence artificielle directement sur l’appareil plutôt que dans un data center plaît visiblement de plus en plus aux fabricants. On l’a déjà vu chez Reolink et son IA embarquée ReoNeura, ou plus récemment chez ANKER, qui justifie une bonne partie de sa réorganisation par la montée en puissance du calcul local. Le calcul est finalement assez simple à comprendre : traiter les données à la maison évite de construire et d’entretenir une infrastructure cloud coûteuse, tout en répondant plus facilement aux inquiétudes des utilisateurs sur la confidentialité de leurs images ou de leurs habitudes de vie.

Ce qui frappe surtout avec UGREEN, c’est la vitesse à laquelle la marque a changé de dimension. Il y a peu encore simple fabricant d’accessoires, elle s’est imposée en un temps record comme un concurrent crédible de Synology sur le NAS, et voilà qu’elle ajoute d’un coup des caméras, un hub domotique et de l’IA locale à son catalogue. Avec ce type de produits qui touchent à la fois au stockage, aux accessoires de charge et à la maison connectée, c’est un peu le territoire d’ANKER que UGREEN vient chatouiller. La suite dira si l’exécution est à la hauteur des annonces, mais la feuille de route ne manque clairement pas d’ambition.