Les lunettes connectées Samsung approchent enfin, mais l’Europe regardera passer le train. Selon des informations de la presse sud-coréenne, les premières lunettes intelligentes du constructeur sortiraient à la mi-décembre, uniquement en Corée du Sud et aux États-Unis. Samsung n’a pas confirmé cette date, et aucune version européenne n’est annoncée avant 2027 au plus tôt.
Ce que l’on sait des lunettes connectées Samsung
Ces lunettes tournent sous Android XR et ont été conçues avec Gentle Monster et Warby Parker. Elles ont été montrées en mai lors de la conférence développeurs de Google, puis détaillées en juillet lors du Galaxy Unpacked. Samsung parle de « lunettes intelligentes » sans avoir donné de nom commercial définitif.
- Pas d’écran dans les verres : elles embarquent une caméra, des micros et des haut-parleurs pour dialoguer avec l’assistant Gemini, sur le modèle des Ray-Ban de Meta.
- Un traitement partagé : une puce Qualcomm Snapdragon AR1 Gen 1 gère une partie du calcul, le reste étant délégué au smartphone Galaxy associé.
- Jusqu’à 9 heures d’autonomie, avec sept recharges complètes possibles grâce à l’étui.
- Un prix encore inconnu, et un calendrier déjà décalé : en début d’octobre, un responsable de Samsung évoquait plutôt novembre.

Pas d’Europe avant 2027, au mieux
Samsung veut d’abord observer la demande et les retours des premiers acheteurs avant d’élargir la distribution. Selon les dernières informations, l’extension à d’autres marchés ne se ferait pas avant 2027. Pas de date pour l’Europe, pas de prix en euros. Le précédent n’est pas rassurant : le casque Galaxy XR est sorti en octobre 2025 en Corée du Sud et aux États-Unis, il a atteint le Royaume-Uni neuf mois plus tard, et il n’est toujours pas vendu en France.
Le timing est d’autant plus étonnant que Meta commercialise ses Ray-Ban connectées en France depuis environ deux ans, comme je le montrais dans mon test des Meta Glasses Adventurer face aux Ray-Ban Meta Gen 2. En limitant son lancement, Samsung laisse le champ libre à son concurrent pour s’imposer sur le marché européen.
La faute de la réglementation européenne ?
C’est la question que tout le monde se pose, et la réponse honnête est que Samsung ne l’a pas dite. Des lunettes avec caméra, micros et assistant IA concentrent plusieurs sujets sensibles en Europe : protection des données et de la vie privée, règles sur l’intelligence artificielle, disponibilité des services de Gemini dans chaque langue et chaque pays. Un constructeur prudent peut préférer commencer là où la conformité est plus simple.
Cela ne suffit pourtant pas à tout expliquer. Puisque des lunettes concurrentes se vendent déjà chez nous, la réglementation n’interdit pas le produit en lui-même, elle exige du travail de conformité. J’y vois plutôt un calcul de priorités : un marché américain plus simple, un marché coréen domestique, et l’Europe en troisième vague. Ce n’est pas la première fois, comme pour le HomeView d’Apple qui laisse l’Europe sur le paillasson.
L’Europe passe à côté de la vague de l’IA portée
Au-delà de Samsung, le schéma se répète : produits d’IA lancés d’abord ailleurs, fonctions qui arrivent chez nous plus tard ou amputées, appareils qui n’arrivent jamais. C’est bien dommage, parce que ces lunettes illustrent exactement les usages qui vont se généraliser : parler à une IA qui voit ce que l’on voit, traduire, décrire, prendre des photos sans sortir son téléphone. Pendant ce temps, ceux qui ont accès à ces produits prennent de nouvelles habitudes, et la vieille Europe risque de passer à côté des évolutions d’usage avant même de pouvoir les essayer.
Reste à voir ce que vaudront vraiment ces lunettes, plus légères que celles de Meta d’après les fuites, ce qui devra être confirmé en conditions réelles. En attendant une éventuelle arrivée chez nous, vous pouvez consulter la salle de presse officielle de Samsung pour suivre les annonces.
